Jeudi 11 Mars 1999
Comme tous les jeudis il se rends chez son boulanger pour prendre son pain et en profite par la même occasion pour prendre un journal de petites annonces. Toujours poli il parle avec la vendeuse qui trouve très attirante mais ne cherche rien de plus que ce qu'il a. Il part de la boulangerie avec son pain, son journal et le visage de la vendeuse dans ses pensées.
Le soir même il le survol mais lit toujours avec une certaine attention la rubrique 'vente de disques' à la page 4. Une fois n'est pas coutume il y a une annonce l'intéressant. Notre protagoniste est un fan et surtout collectionneur de disques du groupe Queen, il ne sais pas pourquoi il aime ce groupe plutôt qu'un autre. Dans cette annonce il y est mentionnée: "vends lot ou détails disques de 80's à 90's variétés internationale". Il ce dit qu'il y a peut-être un ou plusieurs disques de son groupe préféré. Curieux il se décide à appeler le numéro qui figure sur la petite annonce pour demander de plus amples informations sur ce qu'il vends. Il commence à composer le numéro, mais il a le sentiment de déjà connaître ce numéro, il ne lui est pas étranger et T. est en train d'avoir la chair de poule. Ce n'est le sorte de chair de poule que l'on a lorsqu'on a froid mais celle de la peur, de la découverte, du plaisir.
Ce numéro c'est LE numéro, le numéro de sa vie.
Une personne décroche, une voix assez âgée; douce et autoritaire à la fois. Cette personne se révèle être la mère de celui qui a passé l'annonce. Elle va le chercher, le vendeur prend le combiné, T a de plus en plus de mal à tenir le téléphone correctement tellement que ses frissons deviennent important et imposant, le téléphone grésille et une charmante voix féminine dit 'allo'. Là T. déjà paniqué par l'annonce ne sais plus quoi dire, il pense que dans une pareille circonstance on doit répondre 'allo' mais pour lui c'est un peu trop demandé et il ne sort qu'un 'heu' hésitant et pas appuyé.
La voix féminine lui commence à le questionner pour savoir l'objet de l'appel 'vous appelez pour les disques ?'
et tout naturellement T. lui demande si elle vend des disques de Queen. Il sort sa petite histoire, il raconte un peu sa vie, pourtant ce n'est pas du tout son genre, plutôt réservé il se laisser aller. La vendeuse répondit 'oui'
- Combien demande T. ?
- 2 non 3, oui c'est ça 3 lui répondit sa correspondante "J'ai un maxi. Et deux 45T. et le tout pour 20 Francs
T. très enthousiasmé par cette offre, demande où elle habite pour venir les chercher au plus vite, car trouver trois disques de son groupe favoris pour seulement 20 francs c'est rare et surtout il n'est pas très fortuné puisque étant étudiant il n'a pas de ressource et vivant avec sa mère qui ne gagne pas énormément d'argent.
Il accepte sentant que s'il n'avait pas ses disques il aurait des regrets car on ne rencontre pas cette offre deux fois pourtant ces 3 disques ne sont pas d'une extrême rareté mais…
Tous deux fixèrent le rendez-vous chez elle le samedi qui suivi l'appel aux alentours de 16 heures.
Le soir même T. à un peu de mal à s'endormir non pas à cause de son futur achat mais à cause de l'examen qu'il doit passer dans la matinée, un examen très important pour qu'il poursuive ses études, s'il ne l'a pas ce serait une énorme déception tant pour lui que pour sa mère qui ne pense qu'à ça depuis une bonne vingtaine de jours. Pour s'endormir il écoute toujours le même disque mais cette nuit là le phénomène n'a pas eu lieu. Tournant en rond dans sa petite chambre qui se trouve sous les toits il pense à cette petite annonce et souhaite déjà être samedi. Un moustique commençait à l'énerver car ne cessant de tourner autour de sa tète il faisait entendre un son irritant et très vite lassant donc il pris la première chose qui lui tomba sous la main c'est à dire son journal où figuré la petite annonce et tenta de tuer l'individu mais son outil de mort lui glissa des doigts et ce retrouva par terre. T. déjà stressé par son examen était devenu irritable par ce moustique et ce dépêchant d'en finir au plus vite avec cette chasse il se baissa pour ramasser son journal et ce releva très vite oubliant la poutre qui traversée sa chambre de par en par et fut assommer par le choc entre sa tète et cette poutre.
La journée commençait plutôt mal, le chauffo toujours en panne le réveille est direct, pas de chichi.
17h10 la sonnerie signalant la fin de la journée retenti et ce n'est pas avec un certain plaisir que T. sort du Lycée car épuisait par les 8 heures de cours et surtout les 4 d'exam.
Le samedi arriva et T. se douté que quelque chose allez se produire dans cette journée, 15h50 il prit sa voiture pour allez à son rendez-vous et fait exceptionnel elle démarra sans avoir besoin de la chauffer au préalable. Les indications que lui avait fourni la vendeuse étaient assez floues même pour une personne connaissant bien la région mais grâce au numéro de téléphone de la vendeuse T. réussit à la joindre pour le guider dans sa route.
16h15 T. est en retard d'un quart d'heure et il déteste ça. Il trouve la maison, avec une certaine facilité, car cette maison est en brique rouge, et dans cette région ce n'est pas commun.
T. appuie sur le sonnette, mais elle refuse de sortir un son. Donc il d'avance, il s'apprête à frapper sur un carreau, mais elle sort, elle oui la vendeuse de la boulangerie. T. n'avait pas reconnu sa voix. Etonné l'un comme l'autre, ils commencent à discuter non pas de la vente mais de leur vie. Il apprend qu'elle se nomme Sophie, et qu'elle arrive sur ses 23 ans. Et ne voyant pas le temps passer ils discutèrent comme ça jusqu'à la tombée de la nuit. Elle veut le mettre en garde mais avant de finir sa phrase le téléphone se met à retentir et s'est alors à ce moment précis que T. se rend compte qu'il est tard. Sophie revient, toute différente, bouleversée, effondrée en larmes. T. demande la raison de cette réaction, mais elle est trop effondrée pour lui répondre. Elle lui pria de partir et de prendre les disques, ce que fit T. sans broncher.
Il arrive chez lui vers 19h20. Il y a comme un malaise, il a l'impression d'avoir fait un faux pas, de n'avoir pas était à la hauteur.
La nuit fut calme, étrangement calme.
Dimanche, vers les midis trente. Il va à la boulangerie chercher son pain trouve rideau baissé avec une petite note sur ce rideau de fer: 'fermeture pour cause de décès'.
T. reste devant la devanture pendant une trentaine de seconde, et décide de rentrer chez lui pour appeler Sophie. Il cherche le numéro et plus précisément le journal, mais hélas ne le trouve pas car sa mère ayant fait le ménage pendant son escapade à la boulangerie, elle a brûlée le journal car étant parterre elle se doutait que T. ne devait pas y apporter grande attention.
T. complètement retourné, parce qu'il n'arrive pas à mettre la main sur ce fichu journal, il décide de se rendre à l'évidence. C'est foutu.
Mais le numéro de téléphone est en mémoire dans le bis de son téléphone. Ce petit détail n'échappe pas à T. Il appuie sur la touche bis et apprend auprès de la mère de Sophie que son père a trouvé la mort dans un accident de la route.
Il ne sait pas quoi faire, il retourne à ses occupations. Et hier en revenant de sa sortie il avait oublié de ranger ces disques. Pour lui ranger les disques, veut dire nettoyer et répertorier . Il commence par répertorier puis s'attaque à une étiquette récalcitrante. Sur cette étiquette il y a mentionné le prix (25frs) et une date. Cette date n'est pas celle de sortie du disque mais celle d'aujourd'hui (11/03/99).
Il la décolle non pas sans mal et sous cette étiquette il y un code, le code 3120786.
Ne comprenant pas ce code il le répéta bêtement. Il continu son rangement sans aucune modification particulière.
La nuit commence à tomber, et il y a encore un moustique dans sa chambre. T. énervé se cogne la tête de nouveau sur la même poutre.
Quelque chose le réveilla le matin, une lumière très forte. La lumière du soleil, car nous étions pas en Mars mais en juillet. Autour de lui, tout a changer, il se trouve dans les toilettes d'une caravane. Il en sort et se dirige vers la sortie quand un journal l'interpelle, sur ce journal il y a une date et un gros titre. La date lui semble totalement inintéressant car en titre il est écrit 'Queen Live At Wembley Today!!!'
Il croit rêver, non il ne rêve pas il est bien en Angleterre, devant le Stadium de Wembley à Londres.
Il sort de la caravane et devant lui, les deux tours du stade, alors T. ne sais pas quoi faire, paniqué il regarde sa montre mais elle n'est plus, la pile est morte. Après tout T. ne cherche pas comment il est arrivé ici et pourquoi il est ici mais veut profiter de ce moment à fond. Il regarde dans la poche de son jean et trouve un papier, pas un papier ordinaire, mais un billet de concert. Le concert de Queen At Wembley lors de la dernière tournée.
L'heure sur le billet indique le début du show aux alentours de 18 heures. Il regarde l'heure sur la tour et s'aperçoit que le concert commence dans moins de trois heures.
Il se dépêche mais pour aller ou ? Il ne sait pas où trouver l'entrée du stade. Il cherche et après avoir marché pendant 20 minutes il fini par trouvé l'entrée. Le guichetier lui demande de lui faire voir son billets et après 6 ans d'anglais, il compris ce que lui demandais cet anglais.
La stade est au 1/10 plein, il se dépêche pour avoir la meilleure place. Bon T. n'est pas si mal placé, dans l'axe du chanteur vers la 30ème rangée.
Deux heures ont passée et T. commence à trouver le temps long. Allez plus qu'une heure à tenir et après ce sera le plus beau moment de ta vie se dit T.
Le concert commence, T. est aux anges, il connaît toutes les chansons par cœur et chaque intervention du chanteur car il possède le double CD du concert donc ça aide.
L'entracte arrive, et juste après l'entracte le concert redémarre avec 'Love Of My Life'. Mais quelques secondes avant que ne recommence le show une petite bousculade a lieu dans la foule. Tout le monde contre tout le monde et T. est projeté contre une charmante fille. Il s'excuse, elle se retourne et là c'est la stupéfaction, stupéfaction chez T. car il la connaît, c'est Sophie, la Sophie de la boulangerie et des disques. Elle n'a pas changé toujours le même âge, la même apparence. Il croit rêver mais non, il est bien à un concert de Queen avec sa Sophie. La chanson commence et après avoir attendu tant d'années avant qu'elle ne se retrouve dans ses bras, ou tout du moins devant elle, il l'ose l'aborder et commence à lui parler. Ils ne se comprennent pas beaucoup car la chanson 'Love Of My Life' fait tellement de bruit que la communication est dure à s'établir, mais il arrive à lui dire que son prénom est Sophie. Elle n'en revient pas, car savoir qu'une française, à un concert Londonien s'appelle Sophie et en plus que c'est elle. Il lui dit d'autres détails sur sa vie privée comme le lieu de ses études, le prénom de ses parents.
La chanson est finie, le contact n'arrive pas à s'installer entre eux. Pendant toute la durée du concert il pensera qu'il doit agir et qu'il n'est pas là par hasard. Alors au moment du titre 'Crazy Little Thing Called Love' il lui reparle et lui demande de l'attendre à la fin du concert. Mais elle n'a pas compris cela et en moins de temps pour le dire que pour le faire, elle l'embrasse. T. se demande s'il n'a pas pris de substances hallucinogènes, mais non, il est bien au concert de ses rêves en train d'embrasser la fille de ses rêves. Puis les autres chansons mais T. ne s'en intéresse plus, il ne pense plus à rien, si ce n'est à Sophie.
Le concert s'achève, T. à dans sa main, la main de Sophie, mais une nouvelle bousculade les séparent à nouveau. T. est très surpris par cette bousculade car pour lui c'est la première fois qu'il assiste à un concert, et quel concert! T. se retrouve par terre. Il se dépêche de se relever mais il à perdu de vue son fantasme, son rêve.
IL sort du stade en ayant l'espoir de la retrouver à la sortie mais, personne ne l'attendait. Dans le fond il se dit que ce n'est pas la plus belle journée de sa vie mais la plus triste car après avoir vécu une journée inoubliable, il sait qu'elle ne voudra jamais le croire et qu'il la perdu à jamais. Il regrette cette journée, le concert fut inoubliable, mais comparé à un concert ce qu'il vient de vivre et de perdre n'est rien.
Maintenant, il se demande quand il va rentrer en 1999, et surtout comment. La nuit pointe son nez, il commence à somnoler, à s'endormir doucement et décide de rejoindre la caravane de son arrivée mais impossible de la retrouver et son chemin.
Une pensée traverse son esprit, ce serait de revivre cette journée, en modifiant une seule donnée, s'attendre à la bousculade de fin de concert.
T. s'endort sur un banc public, il se réveille le lendemain matin aux alentours de 7h30, mais il n'est pas du tout dans son lit mais sur un banc et qui plus est, il est toujours devant Wembley dans le passé.
Bon résilié à rester en Angleterre et en plus à Londres, son premier réflexe est de faire tous les disquaires de Londres. Après en avoir visité une dizaine, et sans argent il décide d'arrêter. Par chance il trouve sur le site du concert quelques pièces de monnaie et essaye d'appeler chez lui mais personne ne répond.
Il s'ennuie coincé dans une ville étrangère, dont il ne parle quasiment pas la langue, il fait un nouveau disquaire et tombe sur un exemplaire identique à celui qu'il a acheté à Sophie. Il l'examine mais qu'est ce qui ressemble plus à un disque qu'un disque ?
Mais sur ce disque, il y est mentionné 'Import-France'. Il le prend en main, regarde le prix, et hasard c'est le même prix. Il veut regarder ce qu'il y a sous l'étiquette mais le temps de la décoller, un braqueur entre dans le magasin et descend tout ce qui bouge. Ce braqueur connaît bien le gérant car il y a trois jour il l'a dénoncé aux flics pour avoir volé un disque des Stones. Enervé, il demande la caisse mais T. à le malheur d'éternuer et ce retrouve touché par une balle de fusil.
Il tombe, et décède dans le magasin, sans prononcer une parole.
En fait la balle fut déviée par le porte feuille et le disque qu'il tenait contre sa poitrine, ce qu'il fait qu'il n'est que blessé.
T. se réveille dans une chambre stérile, blanche, avec sur le siège à côté de son lit le disque qu'il tenait. Et sur la pochette du disque un mot :"T. rétablis-toi vite, Sophie". Il était en France, dans le moment présent en 1999. Les médicaments lui donne mal à la tête mais quelques secondes après s'être réveiller, la porte de la chambre s'ouvre et apparaît dans la lumière Sophie.
Il à le sourire jusqu'aux oreilles, il n'arrive pas à y croire. Il lui demande des explications:
Qu'est ce que je fais ici ?
Tu ne t'en souviens pas, hier soir en te raccompagnant chez toi mon père et toi êtes tombés dans une embuscade et tu lui as sauvé la vie en te mettant devant lui.
Elle s'approche du lit et lui dit 'Je t'aime' et elle lui demande 'alors ce concert t'as aimé ?'
Innuendo (1999)